Les transporteurs ne lui disent pas merci !
"L'année 2009 s'est terminée pour notre secteur par un accord scélérat" a attaqué d'entrée de jeu Jean-Christophe Pic. "Sous la menace de blocages ciblés à la veille de Noël, une seule organisation professionnelle a été incapable de savoir dire non, pour la troisième fois consécutive, à la revendication. Merci TLF !"… Les hausses consenties représentent "9 fois l'inflation !" a souligné le président de la FNTR. "Pour la profession, la facture est surréaliste. Nos entreprises devront payer 615 millions d'euros supplémentaires, sans compter le coût de la mutuelle. Soit 515 millions, si l'on retranche les 100 millions accordés par l'Etat au titre des allègements Fillon. L'Etat lui fait une bonne affaire," ironise t-il. "Les 3,6% d'augmentation moyenne de la masse salariale génèrent une augmentation correspondante des charges patronales et salariales de 225 millions d'euros, moins les 100 millions d'allègements, soit une recette nette de 125 millions d'euros. Ces 100 millions d'euros d'allégement de charge ne serviront pas, comme prévu par les missions Abraham et Liebermann, à améliorer la compétitivité des nos entreprises. Ils ont été engloutis pour financer l'aggravation du coût du travail. Les signataires de l'accord sont des apprentis sorciers. Au moment des négociations, aucun ne maîtrisait l'impact des augmentations salariales et la portée du mécanisme d'allègements des charges. Les analyses réalisées par la FNTR, avant, pendant et après les négociations, sont confirmées : les augmentations de la convention collective et du SMIC au 1er janvier annulent pour le coefficient 138M l'impact des allègements ou le réduisent pour le coefficient 150 M."
Pas question de payer vos cadeaux
"Ceux qui ont signé de manière unilatérale portent et porteront une lourde responsabilité. Ils ont géré ce dossier très loin des préoccupations de crise des entreprises, pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le transport routier", accuse M. Pic.
"Comment répercuter cette augmentation dans un marché tendu, concurrentiel, chez des clients dont les évolutions salariales sont de l'ordre de 1% ? Nos clients nous disent : "Nous ne financerons pas les cadeaux sociaux faits dans le transport routier"." Ce qui fait dire au président : "2009, c'est l'année même où il ne fallait pas signer à 4% : des prix en chute libre entre -5 et -15%, une activité en baisse de 10%, des défaillances qui continuent… Dans un contexte de crise économique d'une gravité sans précédent, les entreprises de transport ont été sacrifiées sur l'autel d'intérêts qui leur sont étrangers."
Plus confiance en l'Etat
M. Pic rappelle qu'à ces négociations, "les pouvoirs publics se sont invités et ont banalisé les 4% décrétés d'un coup "atteignables". L'Etat a privilégié la paix syndicale. L'entreprise paiera. On veut transformer nos conducteurs en cheminots de la route, les subventions en moins, la concurrence en plus." Raison pour laquelle "la confiance est brisée, la crédibilité de la parole ministérielle envolée". Et d'en remettre une couche sur TLF : "En ne s'appuyant pas sur une homogénéité patronale, en visant une signature unilatérale, TLF a empêché la délégation patronale de peser plus efficacement sur les négociations et de mettre chacun devant ses responsabilités. Ce cavalier seul coûteux a eu deux conséquences : TLF a cédé plus que nécessaire, l'Etat a cédé moins que ce que la profession pouvait obtenir en termes d'allègements de charge et de mise à l'heure européenne du social franco-français que si elle avait présenté un front uni."
J'accuse TLF !
"Soyons clairs, nous n'accepterons pas d'aller vers un quatrième accord unilatérale de TLF en 2010. TLF a agi en fonction des intérêts particuliers qu'elle représente. Un choix à sens unique, en faveur de ceux qui, globalement, sous-traitent une bonne partie de leur activité routière. Les signatures ne sont pas les payeurs. Les groupes de moins en moins français et de moins en moins privés se frottent les mains. La sous-traitance exotique a donc de beaux jours devant elle. Avec la bénédiction des pouvoirs publics. Les victimes de cet accord sont les entreprises de transport, celles qui ont des camions. Ce sont elles qui quittent aujourd'hui TLF en grand nombre. Aucune organisation minoritaire dans le transport routier n'a le droit de signer un chèque en blanc contre les entreprises de transport." Et le président de demander une enquête de représentativité pour savoir qui représente qui…
Valérie Chrzavzez
Espace Abonnés
A la une
- Trois semaines d'ancienneté et déjà dans le fossé
- Le point sur la météo, les interdictions complémentaires et les accidents
- Les autoroutes ferroviaires ne sont pas rentables
- Zone limitée à 90 et radar : cocktail dangereux
- Pour prendre les bonnes décisions en matière de logistique urbaine
- TRM : l'opérateur a été choisi, la mutuelle en route
- Petites annonces : la sélection du jour
Gasoil : l'OTRE reçue par le ministère des Transports
L'OTRE s'est rendue au ministère des Transports pour alerter les autorités sur l'indexation gasoil et les problèmes rencontrés par les transporteurs pour la faire appliquer. Le cabinet du ministre a promis de donner des réponses au plus vite.
Tarifs : dénoncez les mauvaises pratiques
En ces temps de disette, chargeurs et commissionnaires rivalisent d'inventivité pour payer leur fret le moins cher possible. Pour mettre fin à ces mauvaises habitudes, il faut les dénoncer. C'est pourquoi l'OTRE demande aux transporteurs de lui communiquer des preuves matérielles de ces pratiques.
Ce que les Français pensent du transport routier de marchandises
Quelle perception ont les Français du transport routier de marchandises ? Pour le savoir, la FNTR a demandé à l'Ifop de réaliser une étude sur l'image du TRM auprès du grand public d'une part, et des leaders d'opinion d'autre part. Si le rôle de la profession semble connu et reconnu, il reste des progrès à faire côté image et attractivité des métiers.
Prix bas : "Envoyez les contrôleurs chez les donneurs d'ordres"
Face au "désarroi" des petits transporteurs, l'OTRE ne veut pas effectuer de blocages, mais demande que des contrôles se multiplient chez les donneurs d'ordres.
Allègement de charges : la FNTR affûte son plan B
Lors de ses traditionnels vœux en présence du ministre des Transports Thierry Mariani, le président de la FNTR, Jean-Christophe Pic, a annoncé la couleur : il est plus que temps d'abaisser les charges des entreprises de transport routier français. Et si le président de la FNTR a applaudi le projet de TVA sociale, il a aussi prévu un "plan B". (Rediffusion du jeudi 12 janvier 2012)
S'abonner à la newsletter
Prix du gasoil
| HT | TVA | TTC | |
|---|---|---|---|
| Espagne | |||
| Belgique | |||
| France | |||
| Italie |



