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18/01/2010 | Fédérations

Les transporteurs ne lui disent pas merci ! Accès libre

La signature de l'accord salarial "scélérat" n'a toujours pas été digérée par la FNTR. Dans son discours des voeux prononcés le 14 janvier, Jean-Christophe Pic a rappelé les conséquences de cet accord pour les entreprises, chiffres à l'appui, et a procédé à un réquisitoire contre TLF… mais aussi à l'égard du gouvernement, venu se mêler de ce qui ne le regardait pas.

"L'année 2009 s'est terminée pour notre secteur par un accord scélérat" a attaqué d'entrée de jeu Jean-Christophe Pic. "Sous la menace de blocages ciblés à la veille de Noël, une seule organisation professionnelle a été incapable de savoir dire non, pour la troisième fois consécutive, à la revendication. Merci TLF !"… Les hausses consenties représentent "9 fois l'inflation !" a souligné le président de la FNTR. "Pour la profession, la facture est surréaliste. Nos entreprises devront payer 615 millions d'euros supplémentaires, sans compter le coût de la mutuelle. Soit 515 millions, si l'on retranche les 100 millions accordés par l'Etat au titre des allègements Fillon. L'Etat lui fait une bonne affaire," ironise t-il. "Les 3,6% d'augmentation moyenne de la masse salariale génèrent une augmentation correspondante des charges patronales et salariales de 225 millions d'euros, moins les 100 millions d'allègements, soit une recette nette de 125 millions d'euros. Ces 100 millions d'euros d'allégement de charge ne serviront pas, comme prévu par les missions Abraham et Liebermann, à améliorer la compétitivité des nos entreprises. Ils ont été engloutis pour financer l'aggravation du coût du travail. Les signataires de l'accord sont des apprentis sorciers. Au moment des négociations, aucun ne maîtrisait l'impact des augmentations salariales et la portée du mécanisme d'allègements des charges. Les analyses réalisées par la FNTR, avant, pendant et après les négociations, sont confirmées : les augmentations de la convention collective et du SMIC au 1er janvier annulent pour le coefficient 138M l'impact des allègements ou le réduisent pour le coefficient 150 M."

Pas question de payer vos cadeaux

"Ceux qui ont signé de manière unilatérale portent et porteront une lourde responsabilité. Ils ont géré ce dossier très loin des préoccupations de crise des entreprises, pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le transport routier", accuse M. Pic.
"Comment répercuter cette augmentation dans un marché tendu, concurrentiel, chez des clients dont les évolutions salariales sont de l'ordre de 1% ? Nos clients nous disent : "Nous ne financerons pas les cadeaux sociaux faits dans le transport routier"." Ce qui fait dire au président :  "2009, c'est l'année même où il ne fallait pas signer à 4% : des prix en chute libre entre -5 et -15%, une activité en baisse de 10%, des défaillances qui continuent… Dans un contexte de crise économique d'une gravité sans précédent, les entreprises de transport ont été sacrifiées sur l'autel d'intérêts qui leur sont étrangers."

Plus confiance en l'Etat

M. Pic rappelle qu'à ces négociations, "les pouvoirs publics se sont invités et ont banalisé les 4% décrétés d'un coup "atteignables". L'Etat a privilégié la paix syndicale. L'entreprise paiera. On veut transformer nos conducteurs en cheminots de la route, les subventions en moins, la concurrence en plus." Raison pour laquelle "la confiance est brisée, la crédibilité de la parole ministérielle envolée". Et d'en remettre une couche sur TLF : "En ne s'appuyant pas sur une homogénéité patronale, en visant une signature unilatérale, TLF a empêché la délégation patronale de peser plus efficacement sur les négociations et de mettre chacun devant ses responsabilités. Ce cavalier seul coûteux a eu deux conséquences : TLF a cédé plus que nécessaire, l'Etat a cédé moins que ce que la profession pouvait obtenir en termes d'allègements de charge et de mise à l'heure européenne du social franco-français que si elle avait présenté un front uni."

J'accuse TLF !

"Soyons clairs, nous n'accepterons pas d'aller vers un quatrième accord unilatérale de TLF en 2010. TLF a agi en fonction des intérêts particuliers qu'elle représente. Un choix à sens unique, en faveur de ceux qui, globalement, sous-traitent une bonne partie de leur activité routière. Les signatures ne sont pas les payeurs. Les groupes de moins en moins français et de moins en moins privés se frottent les mains. La sous-traitance exotique a donc de beaux jours devant elle. Avec la bénédiction des pouvoirs publics. Les victimes de cet accord sont les entreprises de transport, celles qui ont des camions. Ce sont elles qui quittent aujourd'hui TLF en grand nombre. Aucune organisation minoritaire dans le transport routier n'a le droit de signer un chèque en blanc contre les entreprises de transport." Et le président de demander une enquête de représentativité pour savoir qui représente qui…

Valérie Chrzavzez

 

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