30/12/2009 | Entreprises

Mouvements sociaux chez Norbert Accès libre

Rediffusion du 18 septembre 2009. Un mouvement social a perturbé le site de Corbeil-Essonnes (91) de Norbert Dentressangle les 12 et 13 septembre derniers. Depuis mercredi soir, c'est au tour de l'établissement de Fleury-Mérogis (91) de prendre la relève. En cause : le non versement d'une nouvelle prime instaurée en juillet.

Pour les « Corbeil-Essonnes » tout est rentré dans l'ordre, ou presque. Pour les « Fleury-Mérogis », tout commence. Jeudi et vendredi derniers, les 155 salariés du site de Corbeil-Essonnes du groupe Norbert Dentressangle ont organisé une grève « surprise » pour réclamer le versement d'une prime destinée aux 46 préparateurs de commandes de l'entreprise. Un mouvement éclair qui n'est pas sans rappeler les deux épisodes précédents. En effet, en décembre 2000, les salariés du site avaient déjà tapé du poing sur la table pour réclamer une augmentation de salaire, un treizième mois et le paiement des heures de nuit des conducteurs. Au bout d'une dizaine de jours de grève, la direction s'était alignée sur la deuxième revendication. Cinq ans plus tard, les salariés attiraient de nouveau l'attention sur la dégradation des conditions de travail et l'augmentation de la cadence de traitement des colis qui est passée de 130 colis par heure à l'époque, à 160. Aujourd'hui, ils reviennent sur le devant de la scène pour obtenir le paiement d'une prime promise aux préparateurs de commandes depuis cet été.

Prime promise, prime dûe

En juillet, le groupe annonce l'attribution d'une prime mensuelle de 38 euros pour tous les préparateurs. Une bonne nouvelle pour les salariés concernés, en dépit d'un rythme de travail qui continue d'augmenter avec 171 colis traités par heure et par collaborateur. A cette hausse de cadence s'ajoute une volonté du groupe de réduire le nombre d'erreurs lors des opérations. « Sur ce type d'activité, les préparateurs travaillent très vite et la direction a voulu leur mettre la pression pour baisser le taux d'erreur », explique Jean-Claude Cotentin, membre de l'union locale de la CGT de Corbeil-Essonnes. Le « deal » est clair : si les préparateurs tombent sous la barre de trois erreurs pour mille colis, la prime est versée. Si ce seuil est dépassé, adieu la prime. « A ce rytme là, les salariés n'avaient même pas le temps de respecter les consignes de sécurité ! », s'indigne le syndicaliste.

Bras de fer

Du coup, fin août, c'est la déception pour les trois quart des préparateurs qui ne voient pas de prime figurer sur leurs bulletins de salaire. Sur le terrain, difficile de tenir les objectifs fixés. Alors jeudi, 12 septembre, les salariés rétorquent en réduisant leur productivité à 50 colis par heure. Dès le lendemain, la direction envoie les camions sur d'autres sites. Vendredi dernier, les salariés montent d'un cran et décident de bloquer l'établissement. « La situation a mijoté pendant 24 heures». Le lendemain, une rencontre avec l'encadrement aboutit au rétablissement du versement de la prime dès fin septembre. « Ils récupèreront également celle du mois d'août », souligne le représentant de la CGT

Bientôt mutés ?

Cette réunion avec la direction a également été l'occasion de parler d'un autre sujet qui divise : l'éventuelle mutation de certains salariés. En effet, sur le site, trois chefs d'équipes et 17 caristes pourraient être envoyés en mission sur un autre centre logistique du groupe. Pour eux, cela soulève pas mal d'inquiétudes. S'agit-il d'une mutation arbitraire ? Ponctuelle ? Reviendront-ils à Corbeil ? « Les personnes concernées ont besoin de savoir si leurs conditions de travail vont changer », confie t-il. Pour l'heure, aucune mutation n'a été clairement annoncée.

Après avor réglé le problème du site de Corbeil Essones, Norbert Dentressangle va devoir s'atteler à régler le conflit social qui a débuté à Fleury Mérogis, mercredi, toujours pour un problème de prime.







Rédacteur
Marie Thierry-Corfmat

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