Le transport mérite d'être payé à sa juste valeur
L'article A ce prix-là les transporteurs vont crever continue de susciter bien des réactions. Après une première salve, cf. Coups de gueule contre des prix trop bas, et une deuxième, Le débat sur les prix s'envenime, voici de nouvelles remarques pertinentes de nos lecteurs, qui défendent vaillamment une profession mise à mal par le non-respect des règles de certains.
Selon Prospero : "Ça m'amuse de voir la guerre entre exploitation et affrètement... Je suis moi-même affréteur et ne cautionne pas la politique des prix bas. Je privilégie les réseaux de partenariat avec un prix fixe du 1er janvier en 31 décembre tout en alimentant mes partenaires l'hiver. Malgré cela, ce partenariat ne va que dans un sens, on se rend compte que ces "partenaires" nous prennent toujours du fret mais en quantité limitée car ils s'orientent sur du spot où les prix sont 7 à 15% plus chers. Je trouve moins de solutions. Quand on sait qu'un prix de transport NPDC pour la RP est de 340 à 380 euros (et à ce prix-là on gagne de l'argent) et qu'on nous réclame 500 à 550 euros sous pretexte que le gasoil a augmenté... Faut arrêter de nous prendre pour des imbéciles. Si tout le monde jouait le jeu pendant la période favorable (l'été pour les exploitants et l'hiver pour les affréteurs), tout le monde gagnerait de l'argent !!! Au lieu de cela, on se tire dans les pattes et on ouvre de plus en plus les portes aux étrangers. Au lieu de se plaindre, agissez !!!!"
Intervention de Morin : "Trente ans de métier, appris sur le terrain. Au début, chauffeur puis au service camionnage dans une entreprise composée d'hommes et de femmes qui étaient au boulot à 7 heures du matin. J'ai été formé par un ancien qui m'a énormément appris. Aujourd'hui, je travaille encore à l'ancienne, à savoir avec mon cahier où sont inscrits tous mes contacts par département avec des PME et TPE uniquement (pas de grands groupes surtout pour se faire piquer les clients) et aux tarifs demandés par ces entreprises. La bourse de fret (la nouvelle), je ne m'en sers que lorsque je n'ai pas trouvé un confrère. Je travaille avec une belle société de Roissy qui procède comme moi. Un bon affréteur doit savoir se débrouiller tout seul sans posséder un bac +2 ou3. Encore une petite chose, j'espère de tout mon coeur que le TRM saura préserver ses PME et TPE contrairement aux voyageurs ou un groupe comme Veolia, qui aura bientôt le monopole du territoire national, ce que je trouve indécent et complètement en contradiction avec les discours de nos politiques qui disent le contraire. Notamment à la télévision avec le fameux spot qui dit que le plus gros employeur de France est représenté par les TPE PME. Faisons gaffe à nous, peut-être en mettant en place des petits groupes (ce qui permettrait de défendre nos prix) si l'on ne veut pas qu'à très court terme, le TRM soit l'apanage de quelques gros groupes qui auront la main mise sur le métier. Je suis transporteur avant tout, et affréteur pour certaines opérations."
Réponse de Sauve : "Bonjour, en réponse à Monsieur XXXX, les transporteurs étrangers, on peut en parler. Vous voulez dire les Polonais, Roumains et tous ceux des pays de l'Est et les remorques belges ou portugaises ou italiennes tirées par des tracteurs des pays de l'Est... C'est normal qu'ils se plaignent pas des prix du transport au tarif où ils paient leurs chauffeurs mais faites comme nous, embauchez des chauffeurs bien français et payez les correctement. Avec les charges françaises qui vont avec et on en reparle mais je parie que vu votre mentalité, il serait mieux pour vous d'avoir un transporteur étranger qui se plaint pas plutôt qu'un transporteur français qui demande juste à être payé à sa juste valeur, salut."
- "Bonjour, je suis Français et je préfère travailler au prix des Polonais plutôt que de ne pas travailler du tout et pleurer pour qu'on me donne le RSA. Les salariés français ont gagné trop d'argent, il faut qu'ils partagent avec les salariés des pays de l'Est."
Par PSEUDO38 (17/06/2010) - "On trouve toujours un transporteur pour faire un prix plus bas ! Parfois, c'en est un qui a déjà existé sous un autre nom avant d'être obligé de fermer boutique pour cause de problème de rentabilité. Et ensuite on trouve le même, avec le même personnel de bureau et sur la route, et voilà qu'on recommence à faire des prix bas dont on devrait déjà savoir qu'ils ne permettent pas de faire vivre l'entreprise."
Par hpy (15/06/2010) - "Pertinence des coûts. Problématique de l'application des prix. Dispositions règlementaires legislatives : loi 92-1445, loi 95-96, circulaire Hubert Dumesnil -ingénieur pont et chaussées. Circulaire parue aux JO. Exemple 1 transport Pau-Marseille, 26 tonnes lait : prix 580 euros 600 kms, prix inférieur à 1 euro/km. Barème fiscal voiture13 cv 0.7 euros sans chauffeur, prix un complet de lait valeur mdse 21.000 euros, ratio prix transport /valeur mdes 2 %. Ce sont les hommes du transport qui sont fous ou bien les vaches qui sont folles !!"
Par chris (15/06/2010)

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