Le débat sur les prix s'envenime
L'article A ce prix-là les transporteurs vont crever continue de susciter bien des réactions. Après une première salve, cf. Coups de gueule contre des prix trop bas, voici de nouvelles remarques pertinentes de nos lecteurs, qui défendent vaillamment une profession mise à mal par le non-respect des règles de certains.
Selon XXX : "Je travaille sur un plateau d'affréteurs avec des transporteurs français et étrangers. Ma remarque est personnelle mais les transporteurs français en veulent toujours plus (euros) pour en faire moins. Les transporteurs étrangers ne posent aucune question. Ils chargent puis ils livrent et basta. Alors, messieurs les transporteurs français, revoyez d'abord chez vous avant de regarder ce qui se passe à coté."
Rehausser les prix
Pour J.P. Albertin : "Tout à fait d'accord avec vous, cf. le dicton "mieux diviser pour régner". Ne prenons plus le fret des affréteurs que nous connaissons tous, qui usent des prix bas et vous disent j'ai d'autres personnes. J'affrète occasionnellement et pour ma part, je donne 1 euro du kilomètre et quand je prends du fret c'est aussi à 1 euro environ. Certains commencent à rehausser leurs prix suite à la petite reprise mais pour combien de temps ? Courage à tous."
Tout est faussé
Selon T3R : "Eh oui, c'est un métier. Toutes ces réflexions ne servent à rien. Qui de ces acteurs ont connu la TRO ? A mon avis, très peu. Elle était déjà bafouée en son temps (triche sur les kilomètres, sur la classe de la marchandise et j'en passe). Mais à cette époque-là, il y avait du taf et du dialogue. Pour être transporteur, il fallait bien sûr avoir un camion et surtout un fonds de commerce à créer ou à acheter (licence classe A, B ou C, verte zone courte ou rouge pour la longue distance). Souvent très cher en fonction des résultats de l'entreprise vendeuse. Aujourd'hui, tout est faussé. Il faut arrêter de critiquer et surtout avant d'investir avec des promesses, réfléchissez bien. Et ça, c'est valable pour tous les métiers sans exception. Un beau camion, ça fait plaisir mais ça ne donne pas tous les droits. Je suis contre les prix bas mais l'offre et la demande, ça existe et ce n'est pas le rôle des bourses de fret de réguler. Il faut être responsable mais ça, c'est une autre affaire..."
Un peu de fraîcheur ne fait pas de mal
CRAP16 intervient : "Pour répondre à XXXX et M. Robert, je n'ai pas connu la TRO certes, ce n'est pas pour autant que je ne sais pas calculer un prix de revient. De plus, je leur dirais bien que la valeur n'attend pas le nombre des années. Si nous ne mettons pas des outils en place pour maintenir un niveau de prix décent, nous allons droit à la catastrophe. Lorsqu'on a le plaisir de discuter avec des gens qui disent que nos réflexions ne permettent pas d'avancer et que les prix sont les prix du marché, j'ai envie de leur répondre que le marché c'est nous qui lui donnons sa couleur et qu'aujourd'hui, elle est bien pâle. Certainement comme eux, comme leur envie d'avancer, comme leur moral. Alors certes, je n'ai pas connu la TRO, mais je me permets de leur dire qu'un peu de fraîcheur dans cette profession qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez, ça ne fait pas de mal ! Ces gens-là, toujours aussi fatalistes, voudraient-ils me donner leur vision des choses, ont-ils des idées pour garantir les prix et préserver notre métier ? Je suis impatient, je suis tout ouïe !!!"
Boursicoteur de fret
Réponse de TR3 : "CRAP16, ne me comparez pas à XXXX. Mon analyse n'a rien à voir avec ce boursicoteur de fret qui doit faire rouler des camions français ou étrangers à des prix de fossoyeur du transport, c'est son affaire. Ou alors, vous m'avez mal compris, je ne pense pas m'être mal exprimé et moi, je suis d'accord avec votre réaction mais surtout pas avec ce mariage. La recette pour préserver son entreprise : ne pas travailler avec des XXXX et BASTA. Mon expérience vaut ce qu'elle vaut mais je persiste et signe en souhaitant une longue et bonne route à CRAP16."
- "Bonjour, en réponse à Monsieur XXXX, les transporteurs étrangers, on peut en parler. Vous voulez dire les Polonais, Roumains et tous ceux des pays de l'Est et les remorques belges ou portugaises ou italiennes tirées par des tracteurs des pays de l'Est... C'est normal qu'ils se plaignent pas des prix du transport au tarif où ils paient leur chauffeurs mais faites comme nous, embauchez des chauffeurs bien français et payez les correctement. Avec les charges françaises qui vont avec et on en reparle mais je parie que vu votre mentalité, il serait mieux pour vous d'avoir un transporteur étranger qui se plaint pas plutôt qu'un transporteur français qui demande juste à être payé à sa juste valeur, salut."
Par jeremy (08/06/2010) - "Trente ans de métier, appris sur le terrain. Au début, chauffeur puis au service camionnage dans une entreprise composée d'hommes et de femmes qui étaient au boulot à 7 heures du matin. J'ai été formé par un ancien qui m'a énormément appris. Aujourd'hui, je travail encore à l'ancienne, à savoir avec mon cahier où sont inscrits tous mes contacts par département avec des PME et TPE uniquement (pas de grands groupes surtout pour se faire piquer les clients) et au tarif demandés par ces entreprises. La bourse de fret (la nouvelle), je ne m'en sers que lorsque je n'ai pas trouvé un confrère. Je travaille avec une belle société de Roissy qui procède comme moi. Un bon affréteur doit savoir se débrouiller tout seul sans posséder un bac +2 ou3. Encore une petite chose, j'espère de tout mon coeur que le TRM saura préserver ses PME et TPE contrairement aux voyageurs ou un groupe comme Veolia, qui aura bientôt le monopole du territoire national, ce que je trouve indécent et complètement en contradiction avec les discours de nos politiques qui disent le contraire. Notamment à la télévision avec le fameux spot qui dit que le plus gros employeur de France est représenté par les TPE PME. Faisons gaffe à nous, peut-être en mettant en place des petits groupes (ce qui permettrait de défendre nos prix) si l'on ne veut pas qu'à très court terme, le TRM soit l'apanage de quelques gros groupes qui auront la main mise sur le métier. Je suis transporteur avant tout, et affréteur pour certaines opérations."
Par la route (08/06/2010) - "Ça m'amuse de voir la guerre entre exploitation et affrètement... Je suis moi-même affréteur et ne cautionne pas la politique des prix bas. Je privilégie les réseaux de partenariat avec un prix fixe du 1er janvier en 31 décembre tout en alimentant mes partenaires l'hiver. Malgré cela, ce partenariat ne va que dans un sens, on se rend compte que ces "partenaires" nous prennent toujours du fret mais en quantité limitée car ils s'orientent sur du spot où les prix sont 7 à 15% plus chers. Je trouve moins de solutions. Quand on sait qu'un prix de transport NPDC pour la RP est de 340 à 380 euros (et à ce prix-là on gagne de l'argent) et qu'on nous réclame 500 à 550 euros sous pretexte que le gasoil a augmenté... Faut arrêter de nous prendre pour des imbéciles. Si tout le monde jouait le jeu pendant la période favorable (l'été pour les exploitants et l'hiver pour les affréteurs), tout le monde gagnerait de l'argent !!! Au lieu de cela, on se tire dans les pattes et on ouvre de plus en plus les portes aux étrangers. Au lieu de se plaindre, agissez !!!!"
Par The_Revol (08/06/2010)
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Pour continuer de lutter à l'international, les transporteurs n'ont pas eu d'autre choix que de suivre leurs clients et d'ouvrir des filiales à l'étranger. Suite du dossier spécial du quotidien économique Les Échos consacré au TRM.
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