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Hollander quitte TLF pour aller en entreprise
Je suis venu vous dire que je m'en vais… Dans un communiqué, Olivier Hollander annonce qu'il quittera ses fonctions de délégué régional Nord Picardie à compter du 22 mars prochain. Il nous a confirmé son départ, "non pas pour un quelconque désaccord avec TLF, mais pour prendre des fonctions dans une PME de sa région".
"Pour des raisons professionnelles liées à un projet personnel, Olivier Hollander cessera ses activités de délégué régional de TLF Nord-Picardie le 22 mars prochain. Nous regrettons son départ car, depuis 5 ans, il a exercé ses fonctions au sein de TLF avec professionnalisme et mérite. Toutefois, nous nous réjouissons qu'il rejoigne une entreprise de transport où il valorisera l'expérience acquise au sein de TLF." Telle est la façon dont TLF annonce le départ de cet homme. L'idée étant de couper court à toute rumeur qui le disait partant pour un désaccord avec la fédération. Joint par le Flash Transport, Olivier Hollander confirme :Olivier Hollander : Je pars après avoir passé vingt ans comme permanent dans des organisations patronales. D'abord à la FNTR du Nord, où j'a passé dix ans, puis à l'Unostra. Quand j'ai été remercié par l'Unostra Nord, j'avais déjà dans l'idée de passer en entreprise. Mais un coup de fil a repoussé cette décision de cinq ans. Hervé Cornède, qui était à l'époque délégué général de TLF, me sachant libre, m'a appelé. Je lui ai d'abord dit ma volonté de ne plus travailler dans une fédération. Mais il m'a proposé un rendez-vous pour en parler. Nous avons passé trois heures ensemble, au terme desquelles j'ai dit banco pour cinq ans.
F.T. : Comment vous a-t-il convaincu ?
O. H : Il m'avait donné pour mission de remettre à niveau TLF au niveau de la région, d'augmenter sa représentativité et de développer l'organisation. A l'époque, mes fichiers étaient composés de 80% de groupes et de 20% de PME. Aujourd'hui, j'ai toujours autant de groupes, si ce n'est que j'ai perdu, pour des raisons politiques, le groupe Charles André l'an dernier. Par contre, j'ai beaucoup développé les adhérents de PME et même de TPE.
F.T. : Comment pouvez-vous défendre les intérêts d'entreprises aussi différentes ?
O.H. : Je suis le premier surpris, lors de conseils professionnels, quand je mets des groupes et des PME autour d'une table, de voir que les gens se parlent et discutent de manière intelligente et se comprennent, même si c'est un peu plus délicat en ce moment…
F.T. : Justement, quelle est votre position et celle de vos adhérents sur l'accord social signé par TLF et tellement critiqué par les autres organisations patronales ?
O.H. : Ce n'est pas bien de surfer sur la vague sociale. On ne peut pas dire que l'on ne trouve pas de conducteurs, que l'on veut faire progresser la profession avec des gens, qui, si n'on n'avait pas bougé le curseur, seraient des sous smicards. Il faut tirer la profession vers le haut. Et puis dans les TPE aujourd'hui, on paye les gens davantage que la convention collective. Dans ces entreprises où l'on s'appelle par son prénom, si on payait en fonction de la convention collective, les gars ne resteraient pas. D'autant que l'on demande aux chauffeurs de faire des choses que l'on ne leur demande pas dans les grandes structures : les vidanges par exemple.
F.T. : Fallait-il pour autant engager toute la profession en signant ?
O. H. : On savait en allant négocier que l'on devrait lâcher, alors se faire lâcher par les copains au milieu du gué, c'est un peu facile. Surtout quand c'est pour faire de la cotisation. Nous étions tous conscients que l'on n'avait pas le choix. Il fallait parvenir à un accord. Parce qu'en face, quand ils sortent les barbecue et les merguez, ensuite, ce n'est pas facile de les faire rentrer…
F.T. : Depuis, c'est la guerre avec la FNTR.
O.H. : Il faut arrêter avec la guerre des clans. En face, on a des syndicats qui ont compris qu''il fallait s'unir. Eux ont l'intelligence de se mettre en intersyndicale. On devrait être capable d'en faire autant et de travailler ensemble.
F.T. : Vous quittez TLF à un moment où celle-ci connaît quelques turbulences, notamment avec l'aller-retour d'Hervé Le Jeune comme délégué général, retourné à la FNTR Bretagne. Quel avenir lui prédisez-vous ?
O.H. : TLF et TLF Nord ont de beaux jours devant eux et de beaux projets dans les cartons. Je garderai de mes années de permanents de bons souvenirs, des bons contacts avec les permanents et les adhérents. A TLF, j'ai pu apprécier de me mettre à disposition des professionnels, car chez nous, ce sont les adhérents qui dirigent. Mais à 42 ans, j'ai décidé qu'il était temps de passer à autre chose.
F.T. : Passer en entreprise après vingt ans comme permanent dans un syndicat, c'est un parcours peu commun.
O.H. : Oui, mais je vais dans une belle PME classée au Top 100 dans la région. Une entreprise discrète sur son marché, précurseur sur certains dossiers, mais dont je ne peux pas encore communiquer le nom… Une entreprise où l'on respecte l'individu mais aussi l'environnement. J'y vais parce que je me reconnais dans ses valeurs, pas pour gagner davantage. Ce n'est pas une affaire où l'argent est la priorité. C'est une entreprise que je connais depuis longtemps, qui m'avait déjà contacté il y a cinq ans, quand j'arrivais chez TLF. J'avais alors décliné, mais m'étant engagé, j'ai tenu parole. Cinq ans plus tard, quand ils m'ont fait une nouvelle proposition, je l'ai acceptée. Reste que je partirai en ne gardant de très bons souvenirs des gens avec qui j'ai travaillé à TLF. C'est une profession que j'adore et ou l'on apprend tous les jours…
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