26/01/2010 | Aucune Thématique

Une occasion à ne pas rater Accès libre

Si certains traînent des pieds pour prendre part aux Etats généraux du transport routier, ce n'est pas le cas de l'Otre. Gilles Mathelié, délégué général de l'organisation des transports européens, estime que ce n'est pas une occasion que l'on peut balayer d'un revers de main. L'Otre assure y participer avec entrain.


 

Flash Transport : Lancés la semaine dernière, les Etats généraux du transport routier ne suscitent pas l'enthousiasme de tous les participants. Dans quel état d'esprit les abordez-vous ?

Gilles Mathelié : L'Otre y va avec entrain et sans préalable. Si certains veulent faire leur diva, c'est leur problème. Nous considérons que c'est une occasion extrêmement importante, quelles que soient les conditions dans lesquelles ils se tiendront. Si cela ne suit pas, alors on en tirera les conclusions, mais compte tenu de la conjoncture actuelle, on ne peut pas les balayer d'un revers de main.

F.T. : Vous avez été la première organisation patronale à accepter une vice-présidence, celle du groupe chargé d'étudier la refonte de la convention collective. Qu'en attendez-vous ?

G.M. : Nous voulons profiter de l'occasion pour nous permettre de tout poser sur la table, de tout entendre, sans préalable ni pré-requis. Si ces Etats généraux se tiennent, c'est pour réfléchir et faire avancer le transport routier de marchandises. Il faut revoir de fond en comble la convention collective, nous y sommes prêts. C'est pourquoi nous avons été les premiers à nous porter candidat à la vice présidence de ce groupe de travail, sachant par ailleurs que TLF souhaitait travailler sur le dossier métier et attractivité.

F.T. : La mutuelle et le 13e mois, réclamés par les syndicats, ce sont des choses sur lesquelles vous êtes prêts à avancer ?

G.M. : La question est posée, on va en discuter. Mais y mettre nos conditions. Nous ne sommes pas d'accords sur l'obligation de prendre un opérateur unique pour la mutuelle, par exemple. On doit prendre en considération ce qui existe déjà dans certaines entreprises.

F.T. : L'Otre ne s'est pas opposée à l'extension de l'accord social signé par TLF en décembre dernier. Pourquoi ?

G.M. : Il faut arrêter d'être démagogue. On sait comment cela va se passer et qu'au final, cette extension se fera. Nous n'avons pas signé cet accord, parce que nous sommes allés jusqu'au bout de ce que l'on pouvait, et cela n'a pas été suffisant pour pouvoir signer un accord. Mais le remettre en cause aujourd'hui serait hypocrite.

F.T. : Vous n'en voulez pas à TLF d'avoir signé seul ?

G.M. : Nous allons leur dire que nous souhaitons vraiment éviter qu'à l'avenir une seule organisation patronale puisse signer pour toutes les autres. Avant de trouver un compromis avec les organisations salariales, il faudrait au préalable se mettre d'accord sur un compromis entre organisations patronales.

F.T. : Vous vous positionnez différemment de la FNTR qui se montre plus rancunière et belliqueuse vis-à-vis de TLF.

G.M. : Ce qui m'amuse, c'est qu'on puisse encore s'étonner de constater que nous sommes différents de la FNTR. Si à l'origine l'Otre s'est créée, suite à l'exclusion de certaines régions de la fédération, c'est bien parce que nous étions différents. Ils ont leur façon de faire. Je constate juste qu'elle ne correspond pas à ce qu'attendent les partenaires sociaux.

F.T. : L'Otre va t-elle profiter de ces Etats généraux pour rentrer dans la cour des grandes organisations patronales ?

G.M. : C'est déjà fait. La reconnaissance en poche, l'Otre a gagné ses galons sur le terrain, lors des dernières négociations. Le ministère et les syndicats nous l'ont dit. Nous étions les nouveaux entrants lors des dernières négociations, nous avons pu démontrer que l'on savait supporter la pression et négocier.

F.T. : On a longtemps reproché à l'Otre de ne pas avoir de représentativité nationale. Est-ce une critique encore opposable ?

G.M. : Nous étions déjà très bien représentés sur une grande partie du territoire avant l'arrivée des anciennes régions de l'Unostra, devenues Unotre. Désormais, nous pouvons nous vanter d'avoir une couverture nationale quasi complète. La dernière réunion de l'Otre Lorraine, qui s'est tenue ce week-end, nous a permis de démontrer notre présence effective dans cette région là aussi. Une cinquantaine de transporteurs ont participé à cette réunion, dont deux anciens adhérents de la FNTR, qui ont signé leur chèque d'adhésion. Il nous reste encore un "trou" en Pays de Loire, mais nous avons un transporteur dans la Sarthe qui compte bien le boucher très vite.

 

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