Elu président de la FNTR en 2006, Patrick Vermot-Desroches s’apprête à tirer sa révérence lors du prochain congrès de la fédération, les 28 et 29 octobre à Paris. Agé de 52 ans, ce diplômé de l’EDHEC de Lille a débuté sa carrière du côté des chargeurs en travaillant pour des industriels de l’agro-alimentaire. Mais l’appel du camion a été plus fort et il a repris les commandes de la PME familiale en 1995. Sous sa coupe, une centaine de salariés et un parc de 80 moteurs. Convaincu que son rôle de dirigeant ne s’arrête pas aux portes de sa société, il est vite devenu président de la FNTR Franche-Comté jusqu’à la fin 2006. Parallèlement, il a tout aussi rapidement accédé à la vice-présidence de l’organisation au niveau national trois ans avant d’en obtenir la présidence avec François Branche. A quelques jours de la nomination de son successeur, il livre son bilan.
Flash Transport : En 2006, qu’est ce qui avait motivé votre candidature à la présidence de la FNTR ?
Patrick Vermot-Derosches : "Cette démarche s’intégrait dans la continuité de mon engagement. En effet, pendant quinze ans, j’ai beaucoup appris en travaillant dans plusieurs grands groupes internationaux. Lorsque j’ai repris le flambeau de Vecatel, notre entreprise familiale, mes nouvelles responsabilités m’ont enfermées dans une certaine solitude. J’ai donc ressenti le besoin de sortir de cet isolement en rejoignant le Club des jeunes dirigeants de ma région en 1995. Cela me permettait non seulement de confronter mon expérience avec celles d’autres chefs d’entreprises, mais aussi à me former au militantisme. Lorsque j’ai intégré la FNTR, deux ans plus tard, je n’étais pas sans bagages. D’autant plus que l’autonomie de mes équipes a été une chance."
Flash Transport : Pourquoi ne pas briguer un second mandat ?
P.V-D : "J’ai choisi de ne pas me représenter pour deux raisons. La première tient de l’éloignement géographique qui me sépare de Paris, que j’avais sous estimé. La seconde raison est encore plus simple : le cumul des fonctions ne me permettait pas d’avoir la même disponibilité intellectuelle en permanence. C’est parfois difficile au quotidien. En trois ans, ce mandat aura été aussi éprouvant qu’enrichissant."
Flash Transport : ¨Pour vous, quels ont été les temps forts de votre présidence ?
P.V-D : Tous les dossiers abordés ont été passionnants. Mais garder le contact avec le terrain et avec les professionnels lors des assemblées générales a été la chose la plus motivante et la plus constructive. J’aurais peut-être souhaité davantage d’échanges de cette nature."
Flash transport : Quel a été le combat le plus difficile ?
P.V-D : "Celui de dire ce que l’on pense. Je suis un professionnel élu et non l’inverse. Le politiquement correct m’agace. Prendre une décision pour alimenter mon plan de communication ne correspond pas à ma vision de mon métier. Pour moi, parler la langue de bois est un manque de courage évident. Cela ne sert sûrement pas à faire avancer les choses pour nos entreprises. Il convient de distinguer clairement la politique professionnelle et la politique générale. En tant que représentant, il me fallait faire preuve d’ouverture et de diplomatie sans perdre de vue les intérêts de notre secteur. En trois ans, je n’ai jamais eu d’état d’âme à dire ce que j’avais sur le cœur. C’est donc qu’il est possible de ne pas tomber dans le politiquement correct comme peuvent le faire certains politiques qui jouent les « anti-camions ». Rationnellement, nous savons tous que le transport routier est un vecteur incontournable de l’économie".
Flash Transport : Comment percevez-vous l’adhésion de l’Unostra à la FNTR annoncée le 17 septembre dernier ?
P.V-D : "C’est plutôt positif. Je crois que nous sommes dans une situation économique qui ne sera pas sans conséquences pour nos transporteurs et nos représentations. Il est dans notre intérêt à tous de mettre en commun nos idées au niveau national voire européen. La division est une erreur stratégique. J’espère que cette adhésion n’est qu’un début et que cet élargissement se poursuivra avec d’autres fédérations, organismes ou associations spécialisées. L’ouverture est, aujourd’hui, indispensable."
Flash Transport : Que ferez-vous après le congrès ?
P.V-D : "Dans trois semaines mon mandat se termine. Pour le moment, je ne le réalise pas encore vraiment. Malgré tout, mon engagement continuera. Au bout de quatorze ans de militantisme, je pense avoir acquis une certaine expérience du syndicalisme au niveau local, régional et national. Certes, je serais moins souvent sur le devant de la scène mais je resterai impliqué dans la fédération d’une manière ou d’une autre. La société a évolué, nos challenges ne sont plus ceux de nos anciens. A nous de nous adapter et revoir nos modèles s’il le faut. S’éloigner du terrain est dangereux."
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