Après avoir réussi à retrouver sa trace au conseil régional Région Languedoc Roussillon où il est Vice-président, un premier contact nous a vite laissé espérer que Jean-Claude Gayssot voudrait bien répondre à quelques questions pour les lecteurs du Flash. Après avoir joué au jeu du chat et de la souris durant les vacances, car M. Gayssot prend des vacances, et en août comme beaucoup de français, le hasard a voulu qu'il décroche directement lors d'un de mes appels. L'homme n'a rien perdu de sa jovialité : « Valérie, c'est Jean Claude ! » m'annonce t'il. On croirait deux amis qui ne se sont pas vus de longue date. « Je suis sur toi » me précise t-il pour m'indiquer qu'il peaufine les réponses aux questions que je lui avais préparé. Deux heures plus tard, il a tenu parole, je reçois ses réponses.
Flash Transport : Monsieur Gayssot, vous êtes le ministre des Transports qui a sans doute le plus marqué la profession. Il ne se passe pas un mois sans que l'un de nos lecteurs se souvienne de vous avec nostalgie. Vous souvenez-vous de l'image que vous aviez de la profession du transport routier en prenant vos fonctions au ministère des Transports ?
Jean-Claude Gayssot : J'ai d'autant plus marqué la profession que je suis resté cinq ans Ministre de l'Equipement, des Transports et du Logement. C'est un record ! Ce dont je me souviens très bien, c'est de la perplexité à mon arrivée - de la profession vis à vis de moi, étant donné que j'étais cheminot. En vérité, déjà à ce moment là, j'étais animé par l'idée qu'il fallait jouer la complémentarité des différents modes de transports et pour ne rien vous cacher, qu'il fallait en finir avec les logiques du tout routier et du tout autoroutier. Mais je savais aussi toutes les qualités du transport routier et les besoins auxquels il répond.
Quels souvenirs avez-vous de la profession ? L'image que vous en aviez s'est t-elle montrée conforme à la réalité ?
Pour une part
Mais ils m'en ont fait voir de toutes les couleurs. Quand les salariés faisaient des barrages, les dirigeants d'entreprise des transports routiers, criaient avec le MEDEF et Antoine Sellière, qu'il fallait laisser la liberté du travail. Une autre fois, c'étaient les patrons qui faisaient les barrages et l'Europe exigeait de la France qu'elle ne mette pas en cause la liberté de circulation
Lorsque vous étiez en poste, vous avez eu à gérer des mouvements sociaux. Vous avez contribué à faire avancer la législation en faveur de la profession grâce à la loi qui porte votre nom. Quels souvenirs gardez-vous de ces expériences ?
Des mouvements sociaux, j'en ai connu en effet. La vie est faite de contradictions et on n'avance qu'en essayant de les résoudre. J'avais un double objectif, je l'ai toujours d'ailleurs, faire avancer la législation sociale et défendre en même temps le pavillon français. La loi qui porte mon nom, celle de 1998 avait pour but justement de défendre et d'assainir la profession. Des souvenirs, j'en ai à revendre et je pourrais écrire un livre uniquement sur ces questions.
Comment expliquez-vous votre côte de popularité auprès des professionnels du transport ?
J'ai essayé de faire avancer deux idées-forces : l'une à l'échelle de l'Europe en faveur de l'harmonisation sociale (par le haut) et fiscale également ; l'autre au plan national pour que la valeur transport, en d'autre terme, le prix du transport, soit payé normalement et non pas sous-payé.
Etes-vous nostalgique de l'époque où vous étiez ministre des transports. Est-ce que dans vos nouvelles fonctions vous continuez à suivre l'actualité du transport ? Avez-vous un avis sur l'ouverture au cabotage ou de la très forte hausse des dépôts de bilan dans le secteur par exemple ?
Non seulement je continue mais comme vice-président du Conseil Régional en Languedoc Roussillon, je suis chargé des transports et des infrastructures. Concernant l'ouverture au cabotage, oui il y a danger
La libéralisation et la déréglementation risquent d'être mortelles pour le pavillon français. Déjà, il subit de plein fouet les effets de la crise et du ralentissement économique. Il serait encore plus affecté par toutes les formes de dumping économique, social et fiscal. Je suis favorable à la complémentarité des modes. On a besoin du routier mais pour la longue distance et pour la planète, l'avenir de la route c'est le rail, c'est la mer, c'est le canal.
Seriez-vous partant si on vous rappelait pour reprendre du service au ministère des transports ou avez-vous tourné la page ?
Pour parler franchement j'ai le souvenir d'une activité ministérielle épuisante et passionnante à la fois. J'apprécie que vous pensiez déjà que la gauche va revenir aux responsabilités (sourires). Mais j'ai 65 ans aujourd'hui
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