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25/10/2011 | Aucune Thématique

Transport léger : "Nous attendons le tsunami annoncé" Accès libre

Cathy Blanc est déléguée générale du Syndicat National des Transports Légers (SNTL) depuis deux ans. Elle évoque la conjoncture et ses effets sur les métiers du transport léger ainsi que le renforcement des conditions d'accès à la profession. En attendant la crise prochaine.

F.T. : Comment présentez-vous le SNTL ?

Cathy Blanc, déléguée générale du Syndicat National des Transports Légers (SNTL) : Nous représentons et défendons près de 200 adhérents de tous types de structures dans les métiers de la courte distance, de la messagerie et de la course sur le plan national, avec une forte concentration sur l'Ile-de-France.

F.T. : Quelle est la conjoncture économique dans le transport léger ?

C.B. : La crise de 2008 a impacté nos adhérents de diverses manières. Certaines structures, en pleine expansion, ont dû réduire la voilure tandis que d'autres entreprises, qui étaient déjà en pleine restructuration, ont été épargnées. Nos adhérents en ont profité pour développer d'autres axes, améliorer la valeur ajoutée de leurs prestations et étendre leur gamme de prestations de service. Globalement, je dirais qu'il y a eu une réelle prise de conscience dans la mesure où nos adhérents se sont repositionnés. Dynamisme et réactivité leur ont permis de passer un cap difficile. Pour l'heure, la situation économique et sociale s'est stabilisée et nous attendons la prochaine vague, le "tsunami" annoncé.

F.T. : Comment caractérisez-vous les relations entre vos adhérents et leurs donneurs d'ordres ?

C.B. : D'abord, nous disposons de deux choses vitales dans notre métier : un paiement à trente jours et la clause gazole. L'ensemble de nos adhérents, des commissionnaires aux sous-traitants, appliquent cette indexation gazole. Au sujet de la revalorisation du prix des prestations, il devient difficile de les augmenter, cette clause est un moyen légal de répercuter une partie des coûts. Ensuite, notre spécificité est que nos adhérents ont la possibilité de présenter à leurs donneurs d'ordres une attestation de compétences délivrée par la SNTL. Cette charte de qualité représente un gage d'éthique. Nous la fournissons sur présentation de justificatifs de l'enregistrement de la structure en tant que société de transport de marchandises, c'est-à-dire un code NAF transport, une licence, un justificatif de capacité financière, une attestation Urssaf, une attestation de trésorerie, etc... Cette démarche de qualité est notre marque de fabrique.

F.T. : Quelle est votre position face au durcissement des conditions d'accès aux métiers du transport léger ?

C.B. : L'adaptation de la réglementation française au paquet routier d'ici la fin de l'année va impacter le transport léger sous certaines conditions. Nous avons tempéré tous les discours. Outre la nouveauté qui consiste en l'obligation d'avoir une enseigne sur le territoire français, on remarque que l'accent a été mis sur la rigueur dans la gestion. Quant à la capacité professionnelle, il fallait sans doute faire en sorte qu'un chef d'entreprise ait une conscience réelle du point de vue économique et gestionnaire de son entreprise sur le plan de sa rentabilité. Mais à propos de la capacité financière et du doublement de la licence pour le premier véhicule, nous étions très attentifs au début des négociations, les autres fédérations étaient sur des sommes assez énormes. On a tout entendu, jusqu'à des sommes de 2.000 à 2.500 euros par licence. Nous sommes satisfaits que ce doublement ne concerne que le premier véhicule, car il faut juste avoir en tête que nos chefs d¹entreprises viennent de passer deux années difficiles et ce n'était pas le moment de mettre un frein supplémentaire dans les rouages. Si cela avait été doublé pour tous les véhicules, vous imaginez l'impact pour une flotte importante d'augmenter la capacité financière de 30, 50, 200 ou 900 euros ! Cela aurait fait une somme énorme. Somme que les chefs d'entreprise ont sans doute envie de mobiliser différemment, dans le salaire de commercial ou dans le budget marketing.

F.T. : Quid de la mise en place d'une formation obligatoire pour les conducteurs ?

C.B. : L'idée c'est de ne pas se priver d'un vivier du jour au lendemain du fait d'une formation obligatoire. Former nos conducteurs livreurs, c'est de toute manière une bonne chose pour la prévention de la sécurité et pour les problématiques ultérieures type TMS (troubles musculo-squelettiques). Ce point est acté. La question est de savoir comment l'orienter pour ne pas le brider. L'axe de réflexion consiste à travailler avec les missions sociales et les pôles emploi afin que des formations soient automatiquement proposées aux jeunes entrants sur ce marché et qu'ils puissent se former au fur et à mesure, en fonction des besoins.

Propos recueillis par Arnaud Ilié.

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