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17/08/2011 | Aucune Thématique

Pas assez de camions disponibles Accès libre

Les transporteurs routiers contribuent positivement au transport de paille, même s'ils préfèrent donner la priorité à leurs clients habituels du fait du manque de chauffeurs cet été. Le point avec Fabrice Accary, délégué à la performance durable à la FNTR.

Fabrice Accary, délégué à la performance durable à la FNTR

Flash Transport : Fabrice Accary, en tant que délégué à la performance durable à la FNTR, vous avez assisté au dernier point sur l'opération Sécheresse qui s'est tenue la semaine dernière au ministère des Transports. Comment l'implication des transporteurs routiers est-elle perçue ?

Fabrice Accary : La grande majorité des transports du million de tonnes de fourrage nécessaires aux animaux d'élevage sera réalisée par les poids lourds, avec quelques convois de tracteurs, notamment dans l'Aisne pour faire face à une situation critique. Le transport de paille ne s'organise pas trop mal du côté des transporteurs routiers, mais nous sommes confrontés au manque de moyens de transport. Il semble logique que les transporteurs préfèrent donner la priorité à leurs clients habituels plutôt que de s'engager sur des opérations ponctuelles, d'autant plus qu'ils ont du mal à trouver des chauffeurs en cette période de congés d'été. Il devrait y avoir plus de chauffeurs disponibles en septembre.

F.T. : Est-ce l'occasion de tirer les prix du transport vers le haut ?

F.A. : Nous recommandons aux transporteurs de se faire payer normalement, l'idée n'étant pas de se faire de l'argent sur le dos de qui que ce soit, mais aussi de ne pas en perdre non plus !

F.T. : Le manque de moyens disponibles ne risque-t-il pas de créer des problèmes de stocks chez les agriculteurs ?

F.A. : Certains d'entre eux ont fait l'effort de stocker de la paille pour des confrères en difficulté et voient en effet une partie de leur paille moisir du fait des mauvaises conditions météo, lorsqu'elle est stockée en plein-air. Pourtant, lors de la dernière réunion sur le sujet qui s'est tenue au ministère des Transports, personne n'était agacé ou n'a fait part de remarques négatives vis-à-vis des transporteurs.

F.T. : Quel rôle joue l'armée pour le convoyage de paille ?

F.A. : L'armée offre beaucoup de moyens de stockage, notamment pour le fret transporté par rail. Il n'est en effet pas possible de stocker de la paille le long des voies ou sur les zones ferroviaires à cause des problèmes d'incendie. De plus, l'armée offre un appui logistique local afin d'évacuer un train de paille au plus vite. Sans son aide, le déchargement pourrait prendre de trois à quatre jours, ce qui bloquerait ce type de trains dont les wagons sont très spécifiques.

F.T. : La gratuité des péages, garantie par les sociétés d'autoroutes, est-elle opérationnelle ?

F.A. : Les transports de fourrage circulant sur le réseau concédé de l'Etat dans le cadre de l'opération Sécheresse de l'été 2011 sont en effet exonérés de péage, de même lors de leur retour à vide. La procédure fonctionne très bien. Les chambres d'agricultures délivrent des autorisations aux transporteurs pour ne pas payer, que les conducteurs peuvent montrer aux barrières de péages. Lorsqu'il n'y a pas de péagistes, il faut appeler le centre de contrôle et montrer le document aux caméras de surveillance pour se faire ouvrir.

F.T. : Y aura-t-il des autorisations spéciales pour circuler le dimanche ?

F.A. : Un transporteur s'est récemment fait coincer pour cela, mais nous n'avons pas été demandeurs pour bénéficier de cette priorité. Même si les transporteurs agissent avec un grand professionnalisme, un accident qui aurait lieu avec un camion un jour de grand chassé-croisé ne serait compris de personne. Même pour un transport de paille.

F.T. : Y a-t-il eu des tentatives de cabotage pour ce type de transport ?

F.A. : Certains représentants du monde agricole ont souhaité faire appel au cabotage, mais le ministère des Transports a refusé. De toute manière, l'utilisation de portes-chars spécifiques pour ce type d'opération ne se prête pas aux activités de cabotage, qui doivent être consécutives à une activité de transport internationale.

Propos recueillis par Grégoire Hamon

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