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06/12/2011 | Aucune Thématique

"On se fait manger par les Allemands" Accès libre

Destiné à servir de caisse de résonance pour la filière poids lourds, qui représente un million d'emplois en France, le salon Solutrans (Lyon du 30 nov. au 3 dec.) vient de fermer ses portes. Comment les équipementiers prévoient 2012 ? Le point avec Patrick Cholton, président du salon.

Patrick Cholton, président du salon Solutrans

Après un démarrage timide mardi dernier, les allées du salon Solutrans n'ont pas désempli en milieu de semaine dernière. Les organisateurs du salon ont annoncé 32.280 visiteurs* soit plus que l'estimation initiale de 30.000. Une réussite quand on se souvient que ce salon était mal point il y a un an et demi. Pour cette édition, les constructeurs de camions étaient réunis au grand complet, en plus de plus de 700 équipementiers. Le point avec Patrick Cholton, président du salon.

F.T. : Vous aviez déclaré il y a un an que cette édition de Solutrans devait être le salon de l'après-crise et l'actualité vous a malheureusement rattrapé. Pensez-vous que l'activité de la carrosserie va replonger comme en 2009 ?

Patrick Cholton, président du salon Solutrans : Je ne crois pas à l'effondrement du marché comme en 2009. À cette époque, il y avait en plus de nombreuses commandes virtuelles car nous sortions d'une période d'euphorie avec de très longs délais de commandes. Aujourd'hui, la situation est différente, il n'y a plus de stock, tout est tiré au plus juste. Sur le salon, je n'ai pas senti de vent de panique, tous les constructeurs et équipementiers restent quand même positifs. Le parc doit en effet être renouvelé quoi qu'il advienne. Ce qui va manquer, ce sera la partie financière très probablement. Mais les banques ne pourront pas tirer un trait sur toute leur activité.

F.T. : Vous êtes également dirigeant de l'équipementier Resma (coffres à outils, barre anti-encastrement, etc.). Comment se présente 2012 ?

P.C. : Nous n'avons pas de visibilité après février/mars. Cela va devenir une habitude, nous devons changer notre façon de travailler. Le point négatif, c'est qu'il risque d'y avoir beaucoup plus de ruptures de stock.

F.T. : Solutrans marque également le démarrage de l'opération "Stickers", où 10.000 autocollants vont être distribués par les concessionnaires à leurs clients pour défendre la filière camion (cf. Opération séduction pour 10.000 poids lourds ). Derrière des messages destinés à rendre le camion plus sympathique, quel message souhaitez-vous faire passer ?

P.C. : La filière, qui représente un million de salariés pour 120 milliards de chiffre d'affaires, en comptant les sous-traitants, souffre d'un manque de considération. Une preuve ? Malgré des relances auprès des différents ministères, pas un ministre n'a souhaité faire le déplacement pour honorer de sa présence Solutrans. Ce salon sert pourtant de vitrine pour des centaines de PME française. Ni Eric Besson, ministre de l'industrie, ni Nathalie Kosciusko-Morizet ou Thierry Mariani, malgré leurs marques d'intérêt, ne sont venus. Heureusement, Xavier Breton, député de l'Ain, vient de lancer cette semaine le groupe transport à l'Assemblée nationale pour défendre la filière du véhicule industriel.

F.T. : Vous évoquez le manque de considération et maintenant le besoin de défendre la filière. Pour quelle raison ?

P.C. : Nos PME se font manger par les Allemands. Ces derniers reconnaissent pourtant la qualité de nos produits et ne comprennent pas que notre industrie soit si mal défendue au niveau national. Solutrans doit servir de caisse de résonnance pour toutes ces opérations.

Propos recueillis par Grégoire Hamon.

* Selon notre confrère Truckblog.

A lire également, notre dossier sur Solutrans.