Thierry Mazet, président du directoire Mazet
Flash Transport : M. Mazet, avec le rachat des Transports Laperrière (16 millions de chiffre d'affaires), Mazet vient de faire sa troisième acquisition en deux ans, après Belmonte (10 millions de CA) en 2009 et Sud Transport (1,2 million de CA) en 2010.
Thierry Mazet, président du directoire de Mazet : Effectivement, le mois de juillet est favorable pour nos acquisitions, semble-t-il. En 2009, nous avions racheté les Transports Belmonte, et cette fois-ci, les Transports Laperrière. Depuis que l'entreprise a été redressée, nous pouvons regarder vers l'extérieur.
F.T. : Pour quelle raison votre choix s'est-il porté sur les Transports Laperrière ? Est-ce pour leur activité automobile, quand bien même cette activité a précipité leur chute ?
T. M. : Non, l'activité automobile n'a pas orienté notre choix, d'ailleurs la part de ce secteur d'activité a considérablement baissé depuis la crise. De 60%, elle est passée à une part désormais minime. Notre attention s'est en fait portée sur l'implantation de cette entreprise, ainsi que son activité logistique et transport. Nous avons repris 159 personnes sur les 190 salariés de l'entreprise. L'activité très spécifique de transport de poids lourds et voitures sur plateaux, qui occupe 14 personnes, ne nous intéressait pas telle qu'elle nous a été présentée. Elle a été cédée à la société franc-comtoise Trans WF.
F.T. : La croissance externe de Mazet permet donc de renforcer votre réseau.
T. M. : Pour le moment, nous nous confortons là où nous sommes situés. Nous renforçons donc notre réseau et nous ne nous interdisons pas d'effectuer de nouvelles acquisitions de manière à disposer d'un réseau intégré. Mazet est présent sur l'axe Lille-Marseille, ainsi que Nice-Bordeaux.
F.T. : Souhaitez-vous vous implanter sur d'autres régions ? Voire à l'étranger ?
T. M. : Nous ne sommes pas directement présents dans le Nord-Ouest ainsi qu'en Bretagne, où nous travaillons avec notre réseau de partenaires, ce qui nous satisfait amplement. Quant à s'implanter hors de France, nous préférons pour le moment passer par le réseau de confrères européens. Nous avons par ailleurs pris des participations chez certains transporteurs étrangers*.
F.T. : Avez-vous pu passer des hausses tarifaires cet été ?
T. M. : Cet été n'a pas dérogé à la tradition, avec un certain nombre de camions en moins sur les routes. Il nous a donc été possible d'augmenter nos prix pour notre activité transport, mais cela n'a pas été le cas en messagerie. Par contre, nous arrivons maintenant à répercuter le gazole.
F.T. : Dans Les Echos, vous annoncez viser 140 millions de CA cette année, contre 112 l'an passé. Cette augmentation n'est pas négligeable, même en tenant compte du CA ramené par Laperrière, de l'ordre de 16 millions d'euros. L'annonce d'une éventuelle récession ne remise-t-elle pas cette ambition à la baisse ?
T. M. : Pour l'instant, nous sommes dans les budgets, et nous ne prévoyons pas de ralentissement économique pour nos activités. Nous avons donc bon espoir d'atteindre nos objectifs. C'est peut-être dû à l'aspect atypique de Mazet, car nous sommes le seul indépendant de cette taille, entre les gros acteurs de messagerie et les petits indépendants, ce qui nous procure une position particulièrement intéressante sur le marché.
Propos recueillis par Grégoire Hamon
* NDLR : Espagne, Pays-Bas, Italie, Allemagne.
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