Bruno François, responsable des grands comptes du transport et logistique chez Manpower France
Flash Transport : Comment jugez-vous cette année 2011 du point de vue des besoins en intérim dans votre secteur ?
Bruno François, responsable des grands comptes du transport et logistique chez Manpower France : L'année 2011 est restée sur une tendance intéressante et positive avec une progression de l'ordre de 10 à 15% sur le transport et la logistique sur le premier semestre, après une augmentation comprise entre 15 et 20% en 2010. Cela nous a replacés sur les standards de 2008 en termes de volumétrie et de consommation. En revanche, le deuxième semestre s'inscrit sur une tendance baissière tout en restant positif puisqu'aujourd'hui, nous sommes encore en progression de 5 à 8% sur cette période.
F.T. : Comment se comportent vos clients face à la conjoncture ?
B.F. : Je dispose d'un "panaché" de transporteurs et de logisticiens parmi lesquels se trouvent entre autres : Kuehne + Nagel, la SNCF, Sernam et le groupement Astre. Ces grands comptes nous indiquent se retrouver dans la situation de la fin 2008 avec une réduction de leur visibilité. On se dirige vers un ralentissement plus mesuré et moins significatif que l'ouragan que l'on a pu connaître il y a deux ou trois ans. Reste que dans le schéma économique actuel, il y a une véritable crainte de ce qui se passe en Europe, sur les marchés financiers et avec la crise de la dette. Ce qui nous touche déjà indéniablement. La conjoncture fait que l'on navigue à vue avec des perspectives qui ne sont plus à horizon d'une année ou d'un semestre mais plutôt au trimestre voire au mois. A cela s'ajoute l'échéance des présidentielles de mai qui n'est pas non plus forcément une bonne nouvelle sur le plan de la croissance économique puisqu'un bon nombre des grands comptes que je gère vont se montrer attentistes sur le sujet. Il est clair que ces entreprises sont très prudentes et que dans un tel contexte, si elles sont amenées à effectuer des coupes budgétaires, les premières seront faites dans l'intérim.
F.T. : Comment réagissez-vous face aux tensions récurrentes observées dans certains métiers ?
B.F. : Les conducteurs PL et SPL sont aujourd'hui, et encore pour quelques années, des postes en tension et en pénurie sur la majorité des bassins d'emploi en France. Nous sommes dans l'obligation d'avoir recours à la formation pour pouvoir répondre aux commandes de nos clients et les accompagner dans leurs besoins en compétence. Encore faut-il que les clients acceptent de leur côté de prendre des gens qui ont peu d'expérience. Ce qui n'est pas toujours facile à faire accepter. Au final, notre budget formation est en constante augmentation depuis trois ans. Notre feuille de route fait qu'on l'utilise à bon escient, en le rationalisant par rapport aux bassins d'emplois et aux demandes de nos clients sur leurs activités de transport et logistique.
F.T. : Quelles sont vos perspectives de progression pour 2012 ?
B.F. : Nous prévoyons de croître encore en 2012. Cela se fera peut-être sur d'autres savoir-faire en nous adaptant aux besoins du marché. Même si, actuellement, dans le transport et la logistique, la majorité de nos profils et de nos commandes concernent des conducteurs, des manutentionnaires, des préparateurs de commandes et des caristes, on sait qu'il existe des niches de marché à forte valeur ajoutée. Dans notre secteur tertiaire, je pense à des postes dans la finance, dans l'informatique et les systèmes d'informations. Ces nouvelles compétences que nous n'avons pas assez explorées, peuvent être ouvertes à l'intérim. Lesquels profils, à plus forte valeur ajoutée, représentent de nouvelles perspectives pour nous. De quoi rétablir l'équilibre entre les profils qui nous étaient historiquement demandés et ceux qui vont nous être potentiellement demandés l'année prochaine. Il s'agit d'une piste de progression de croissance et d'amélioration de nos marges.
Propos recueillis par Arnaud Ilié.
Espace Abonnés
A la une
- Permis sans point valable à vie : attention arnaque
- "Les salariés du transport routier se savent condamnés"
- Il faut imposer 100% de la surcharge gasoil
- Stop au lynchage des PME ! Adhérez au collectif de résistance
- En perdant son seul client il a tout perdu
- "Il faut alléger les charges sociales de nos entreprises"
S'abonner à la newsletter
Prix du gasoil
| HT | TVA | TTC | |
|---|---|---|---|
| Espagne | |||
| Belgique | |||
| France | |||
| Italie |
