De gauche à droite : Sébastien Carré (secrétaire général OTRE Pays-Basque), Santiago Gutiérrez (président commission logistique Atradis), Sheila Argaiz Rodrigo (responsable département international de la féderation des entrepreneurs de La Rioja), et Carlos Diaz Cendra (secrétaire général Atradis Rioja).
Sébastien Carré est secrétaire général de l'OTRE Bayonne Pays-Basque. Son organisation vient de jeter les bases, avec son homologue espagnol Atradis, d'une collaboration entre les entreprises familiales de part et d'autre des Pyrénées. Avec des garanties communes pour éviter tout malentendu.
Flash Transport : Sébastien Carré, comment a démarré ce partenariat avec l'Espagne ?
Sebastien Carré : La fédération de transporteurs Atradis, qui représente comme nous des entreprises de transport à capital familial, est venue à notre rencontre avec l'idée que leurs transporteurs puissent travailler avec les nôtres. Il s'agit de rapprocher des transporteurs français de la région Aquitaine avec leurs homologues de la Rioja, sous l'égide de la communauté européenne. La Rioja est une petite province située au Nord de l'Espagne dont la capitale est Logrono, réputée pour ses activités de conserverie.
F.T. : Ne craignez-vous pas d'ouvrir un peu plus la France aux transporteurs espagnols ?
S.C. : Nous avons mis en place une charte de moralité. Il ne s'agit pas de venir piquer les clients de l'autre côté de la frontière et inversement. Mais plutôt d'optimiser les flux des marchandises transportées et d'éviter les kilomètres à vide. Plutôt qu'un transporteur de la Rioja monte dans le Nord de la France et revienne à vide, il vaut mieux qu'il effectue 300 km jusqu'en Aquitaine et confie ensuite son fret en relais à un transporteur français. La réciproque est la même dans le sens inverse.
F.T. : Sur quelles garanties vont pouvoir compter les transporteurs français, sachant que la loi sur les paiements à trente jours n'existe pas en Espagne ?
S.C. : En Espagne, les délais de paiement sont effectivement une catastrophe pour le secteur. Dans le cadre de cette collaboration, les transporteurs espagnols engagés dans cette démarche se sont engagés, via leur fédération, à respecter le paiement à trente jours.
F.T. : Combien de transporteurs sont concernés ?
S.C. : Nous avons une dizaine de transporteurs impliqués de part et d'autre de la frontière pour le moment, en couvrant les activités de transports de lots, frigorifiques ou palettes. Il y a peu de fruits et légumes et le transport de marchandises dangereuses n'est pas intégré.
F.T. : Comment les transporteurs impliqués dans cette collaboration procèdent-ils ?
S.C. : De manière classique, par téléphone. Les premiers contacts ont démarré début 2011. Mais la collaboration a véritablement démarré depuis quelques semaines : les transporteurs se sont échangés leurs coordonnées téléphoniques avec une description du profil de chaque société et peuvent désormais collaborer.
F.T. : Comment se portent les transporteurs espagnols ?
S.C. : Les transporteurs espagnols sont dans la mouise. Ils sont aujourd'hui confrontés aux problèmes que la profession a rencontré dans les années 90 avec la fin des contrôles douaniers aux frontières des pays membres de l'Union Européenne. Ils ont perdu 20.000 camions à cause de la crise, et la seule région de la Rioja en a perdu 300. Ils savent qu'ils peuvent prendre exemple sur leurs confrères français pour mieux se structurer. Ainsi, l'Atradis a mis en place une formation des conducteurs de poids lourds, sur le principe de la FIMO ou de la FCO, dénommée "certificat d'aptitude professionnel".
F.T. : Quelles seront les prochaines étapes de ce partenariat ?
S.C. : Au sein de l'OTRE Aquitaine, nous allons poursuivre notre collaboration avec Atradis pour voir comment on peut encore améliorer les choses entre nos deux pays. Avec en arrière-plan, l'idée de sauvegarder le transport à capital familial. Il faut retenir et mettre en avant les bonnes pratiques. Les Espagnols ne disposent pas de la loi Gayssot, mais leur gouvernement a eu la bonne idée de leur faire profiter de tarifs moins chers sur l'autoroute, afin de les inciter à circuler sur ces voies. Ce qui augmente la sécurité des autres usagers sur les autres voies de circulation. C'est ce type idée qui faut retenir et mettre en avant.
Propos recueillis par Grégoire Hamon.
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