Le 6 octobre prochain, Geodis BM mettra en circulation pour le compte de son client Carrefour à Lille le premier poids lourd hybride avec un groupe frigorifique fonctionnant à l'azote liquide (cf. Geodis se met à l'hybride). Il s'inscrit dans son dispositif de logistique urbaine "Distripolis". Olivier Mélot, président-directeur général de Geodis BM, a reçu les clés de ce camion mardi dernier sur le site Renault Trucks de Corbas, au sud de Lyon.
Flash Transport : Ce camion hybride est-il une première pour Geodis ?
Olivier Mélot, président-directeur général de Geodis BM : Ce camion est une première en France, car c'est la première fois qu'on associe un moteur diesel/électrique avec un groupe frigorifique fonctionnant à l'azote liquide, nettement plus silencieux qu'un groupe classique. Pour autant, Geodis fait déjà tourner un certain nombre de véhicules avec un mode de propulsion plus doux comme le gaz naturel avec son client Monoprix sur Paris. De même, l'entreprise est fortement impliquée dans une politique de développement durable. Les camions de Geodis BM sont bridés à 82 km/h, ce qui permet de gagner 1,2 litre de gazole aux 100 km. Et cette année, 100% de nos conducteurs ont été formés à la conduite rationnelle.
F.T. : Comptez-vous acquérir d'autres camions diesel / électrique ?
O.M. : Nous souhaitons monter en puissance avec un certain nombre de véhicules électriques. Ici, nous venons de prendre livraison d'un Premium hybride de 26 tonnes pour livrer les Carrefour en centre-ville à Lille. Début 2012, nous souhaitons signer pour d'autres véhicules de ce type, que ce soit pour Carrefour ou pour d'autres clients dont nous préférons pour l'instant ne pas dévoiler l'identité. Renault Trucks indique que les véhicules hybrides affichent une consommation en baisse de 20%, mais que le coût d'acquisition est le double du prix normal.
F.T. : Qui paye le surcoût, Geodis ou Carrefour ?
O.M. : Pour cette expérimentation, il s'agit d'un modèle en location. Nous nous sommes mis d'accord pour répartir le surcoût. Le but de cette expérimentation est de voir si le coût supplémentaire est acceptable avec les conditions d'exploitation. A terme, nous souhaitons bien évidemment que le client prenne ce surcoût totalement à son compte, notamment pour s'adapter aux contraintes de livraison en ville.
F.T. : Quels seront les prochaines contraintes à respecter ?
O.M. : Il est important de pouvoir tester une nouvelle approche. Livrer en centre-ville va devenir de plus en plus contraignant. Les riverains expriment de plus en plus leurs remontrances, notamment vis-à-vis des nuisances sonores. Les contraintes horaires vont se renforcer pour accéder au cœur des villes. Il peut même y avoir des extrêmes, comme à Londres où l'on impose un seul transporteur par rue, ce qui implique une réorganisation logistique totale.
F.T. : Justement, comment vous positionnez-vous vis-à-vis des nouvelles zones logistiques urbaines ?
O.M. : Les contraintes en ville vont devenir très fortes. C'est notamment l'avènement des bases logistiques urbaines, à partir desquelles pourront opérer des petits véhicules propres. Il n'y en aura pas 36.000 mais un nombre restreint, notamment à cause de la pression immobilière. Autant se positionner rapidement sur le sujet et prendre position. Distripolis étudie la mise en place de ces plates-formes de distribution urbaine que nous appelons "Base blue". Avec Geodis, nous disposons d'un volume suffisant pour ne pas attendre une hypothétique mutualisation avec d'autres transporteurs, nous pouvons donc agir seuls.
Propos recueillis par Grégoire Hamon.
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