Alain Bréau donne son sentiment sur les candidats à la reprise de Mory
Flash Transport : Les repreneurs intéressés par la reprise de tout ou partie du groupe Mory ont jusqu'à ce soir pour déposer leur candidature au tribunal de Bobigny. Alain Bréau, qu'en savez-vous ?
Alain Bréau, président du groupe Mory : En ce qui concerne la messagerie, ce n'est pas un scoop de dire que Caravelle est intéressée, même si cela en devient un après le décès de Pierre-André Martel*. Butler a également déposé un dossier pour le Sernam. Il y a également d'autres offres centrées sur la partie messagerie, mais aussi beaucoup de gens qui s'intéressent à la logistique dont Geodis ou Dentressangle. Preuve que cette activité est intéressante.
F.T. : Savez-vous déjà quelles conséquences ces dossiers pourraient avoir en termes de casse sociale ?
A. B. : Ces conséquences sont difficiles à évaluer. Mais si casse sociale il devait y avoir, cela ne concernerait que le secteur de la messagerie. Mais je ne peux pas en parler à vingt-quatre heures de l'échéance de la remise des candidatures. Les propositions de reprise en logistique sont en l'état.
F.T. : Avez-vous une préférence parmi les deux principaux dossiers de reprise de la messagerie.
A. B. : Je me cantonnerais à dire qu'il y en a un qui connaît bien le métier et est intelligent et un autre qui croit le connaître. Il y en a un qui sait que Mory est bien portant. Un qui joue en première division et un autre en seconde.
F.T. : Le décès de M. Martel remet-il en cause la candidature Caravelle ?
A. B. : Le groupe a assuré que le décès du président n'était pas une cause de désintérêt de la stratégie de Mory. Je tiens à préciser que je n'ai jamais été en mauvais termes avec M. Martel. Nous étions simplement opposés sur la nécessité de passer par un redressement judiciaire pour qu'il reprenne le groupe Mory. En dehors de cela, nous avons toujours discuté en bons termes. Et ce depuis longtemps. Lorsque DHL a été à reprendre, nous étions tous les deux candidats. Je lui avais fait la proposition suivante : "Tu as l'argent, j'ai l'outil, faisons affaire ensemble." Il a préféré le faire seul. J'aurais préféré que l'on s'entende à ce moment-là. La seule chose qui nous opposait, c'était le redressement judiciaire de Mory.
F.T. : Comment voyez-vous votre avenir ?
A. B. : Ce n'est pas le sujet, on verra. Pour le moment, l'objectif est de trouver une issue aussi rapide que possible pour Mory Team. Une décision devrait être annoncée par le tribunal courant septembre.
F.T. : Comment la situation est-elle vécue en interne dans l'entreprise ?
A. B. : On fait marcher l'entreprise. Il n'y a pas eu de grève, pas de défection de clients. D'ailleurs, nous notons qu'ils n'aiment pas être harcelés par des prédateurs. D'autant que parmi eux, il y a un candidat à la reprise, ce qui est quand même surprenant. Pour le moment, l'entreprise continue. On fait tout pour cela. Ce n'est qu'un événement juridique et financier qui ne concerne pas les clients.
Propos recueillis par Valérie Chrzavzez.
* Le président du groupe Caravelle se tue en avion
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