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27/12/2011 | Aucune Thématique

2012 : austérité pour les transporteurs Accès libre

Hausse des frais de déplacements de +1,7%, difficulté de s'accorder sur les hausses de salaires, la lutte contre le cabotage et le renforcement de la compétitivité des entreprises. Nicolas Paulissen, délégué général de la FNTR, fait le point sur les dossiers chauds du transport routier à la veille de 2012.

Nicolas Paulissen, délégué général de la FNTR

Flash Transport : Les négociations sur les frais de déplacements viennent de s'achever sur un accord signé par tous les partenaires sociaux.

Nicolas Paulissen, délégué général de la FNTR : La FTNR vient de valider une hausse des frais de déplacements de +1,7% dès janvier 2012. Notre organisation a participé dès cet automne à une série de négociations dans le cadre du CNIT. Elle s'est notamment positionnée très rapidement sur les salaires, avec un chiffre pivot de 1,5% en avril 2012.

F.T. : Ces négociations sur les salaires n'ont, quant à elles, pas encore abouti.

N.P. : Effectivement. Lors de la dernière négociation, les organisations patronales ont proposé +1,75%, chiffre qui a été rejeté par les organisations syndicales. Ces dernières souhaitent une augmentation de l'ordre de 3 à 3,5%, qui nous semble hors de portée des entreprises de transport. Les négociations ne sont pas pour autant rompues et nous invitons les organisations syndicales à discuter, en souhaitant qu'elles tiennent compte des difficultés économiques des entreprises.

F.T. : Que vous indiquent vos adhérents à ce sujet ?

N.P. : Nos adhérents nous font part de leur quasi absence de visibilité sur le premier trimestre 2012. Après la trêve des confiseurs, nous allons entrer dans une période d'austérité très forte. En fait, depuis la rentrée de septembre-octobre, l'activité est figée. Nous sommes donc assez pessimistes, et c'est la raison pour laquelle la FTNR préfère une solution qui permet de maitriser les coûts, d'autant plus qu'indépendamment d'une hausse des salaires, il faut tenir compte de la hausse de la masse salariale.

F.T. : La masse salariale va progresser plus que les autres années ?

N.P. : Oui, car en plus d'un glissement naturel d'environ 1%, ne serait-ce que pour tenir compte de la progression de l'ancienneté, la réforme des allégements Fillon [sur les heures supplémentaires, ndlr] va peser dans les comptes des entreprises. Nous estimons que la masse salariale pourrait augmenter d'au moins 2 à 3%, indépendamment d'une hausse des salaires qui viendrait s'y rajouter.

F.T. : Dans deux ans, le cabotage devrait être complètement libéralisé en Enrope. Quelle est votre position sur ce sujet ?

N.P. : A la FTNR, nous préférons bien sûr conserver un encadrement du cabotage. La liberté totale du cabotage en 2014 reste toutefois conditionnée au rapport qui doit établir les convergences des conditions de concurrence. Il est probable que la liberté de caboter soit repoussée de quelques années, car nous sommes loin d'une convergence au niveau européen. Mais si les transporteurs français vont peut-être bénéficier d'un répit de quelques années supplémentaires avant la libéralisation effective du cabotage, il ne faut pas rester inactifs. Il faut profiter des quelques années supplémentaires pour améliorer la compétitivité des entreprises de transport.

F.T. : Quelles actions proposez-vous ?

N.P. : L'amélioration de la compétitivité constitue la priorité numéro un de la FNTR. Il s'agit notamment de préserver l'emploi en France et d'éviter que les transporteurs s'installent à l'étranger. Des propositions seront établies en ce sens en janvier 2012, à la demande du président Nicolas Sarkozy. Nous privilégions le transfert de charges d'un point de vue fiscal. La FNTR souhaite également se mettre à l'heure européenne en matière de réglementation sociale du transport. La France est le seul pays à ne pas avoir transposé le règlement européen.

F.T. : C'est-à-dire ?

N.P. : En France, les transporteurs français ne disposent que du temps de travail et du temps de repos. Les transporteurs européens ont, quant à eux, intégré la notion de temps de disponibilité. Ils peuvent imputer sur ce temps, qui correspond au carré barré sur le chronotachygraphe, les opérations de chargement et déchargement prévues à l'avance. C'est un avantage concurrentiel indéniable, car ils peuvent utiliser ce dispositif dans notre pays - contrairement aux transporteurs français - dans le cadre du cabotage ou d'opérations internationales. Pour les transporteurs français, ces opérations de chargement et déchargement sont considérées comme du temps de travail, et donc comme du temps de conduite en moins.

Propos recueillis par Grégoire Hamon.