04/02/2009 | International

Ne pas lâcher ses clients Accès libre

Renault Trucks lance son raid « Cape to Cape », une odyssée humaine, médiatique et commerciale à travers dix-sept pays sur 30.000 km. Au même moment, ses employés seront concernés par des mesures de chômage partiel. Pour Stefano Chmielewski, p-dg du groupe et ardent défenseur du projet, la marque doit aller à la rencontre de ses clients.

A-t-on encore le droit de rêver en période de crise ? C'est l'exercice délicat auquel s'est prêté mardi dernier Stefano Chmielewski, président de Renault Trucks, lors de la présentation du projet « Cape to Cape. » Ce raid, au budget conséquent, va permettre à des salariés du constructeur de rallier pendant plus de quatre mois le Cap Nord au Cap de Bonne Espérance, à travers dix-sept pays, avec six Kerax (véhicules de chantier) et six Sherpa (versions civiles du véhicule militaire). Le départ est fixé le 1er mars prochain avec une arrivée prévue vers le 8 juillet.
« Dans un contexte économique morose, nous devons être présents auprès de nos clients et prospects », a justifié Stefano Chmielewski, pour qui il était de toute manière trop tard « pour arrêter la machine ».

Une rencontre avec 5.000 clients et prospects

« Un jour, la crise sera terminée », ajoute-t-il. « Ce raid, dont le budget est moins cher qu'un salon comme celui de l'IAA », dont le coût est de l'ordre de trois millions d'euros, « aura des retombées bien supérieures », prévoit le p-dg de Renault Trucks. La marque au losange espère gagner en notoriété à l'international. Ce parcours de 30.000 km permettra de rencontrer environ 5.000 clients, prospects et membres du réseau au cours de manifestations commerciales et de démonstrations des véhicules, qui auront essentiellement lieu sur la première partie du trajet (pays nordiques et de l'Est notamment, puis la Turquie, le Syrie et la Jordanie) .Ensuite, ce sera la place à l'Afrique de l'Est, région sur laquelle du constructeur est historiquement faible. Après une traversée de l'Ethiopie, du Kenya et de la Tanzanie, la caravane passera par la Zambie, le Botswana, la Namibie et enfin, l'Afrique du Sud, où le constructeur a décidé de produire ses poids lourds avec Volvo Trucks et souhaite développer un véritable réseau de vente.

Des conditions très éprouvantes

Les camions roulant aux normes Euro5, avec une utilisation de la solution SCR (additif d'AdBlue), le parcours devrait permettre de tester cette solution dans toutes les conditions, de -30 degrés en Russie à plus 50 degrés dans le désert éthiopien des Danakils. « Ce sera aussi une aventure humaine. J'ai souhaité qu'il y ait des moments de joie et de souvenirs, mais aussi des moment difficiles dans des conditions très éprouvantes », se régale d'avance Stefano Chmielewski. Après sélection, une soixantaine de salariés se relaieront par période de trois semaines environ pour conduire les véhicules. Venus de tous horizons (opératrice de chaîne de montage, contrôleur de gestion, démonstrateur, etc.), ils sont majoritairement français. Mais on remarque la présence de salariés de filiales européennes voire au-delà (Italien, Roumain, Russes, Tchèque, Sud-Africain ou Marocain).

De nouvelles prévisions chaque semaine

Le projet « Cape to Cape » sera suivi en interne part les salariés qui pourront, émulation oblige, participer à des concours pour rejoindre la caravane sur des étapes. Le raid fera aussi l'objet d'une série de douze épisodes dans la série « Des camions et des hommes » qui sera diffusé à travers un réseau de chaines internationales et sur Euronews. Paradoxalement, le fait de communiquer de manière originale dans une année qui s'annone assez pauvre en nouveautés constructeur, comme en salons professionnels (Solutrans déserté, salon d'Amsterdam annulé), pourrait s'avérer gagnant pour Renault Trucks. A condition, bien sûr, que la reprise ne tarde pas trop...
En 2008, Renault Trucks a livré environ 76.800 véhicules dans le monde (contre 79.400 en 2007), alors qu'il avait prévu de dépasser les 80.000 immatriculations, a indiqué le président de Renault Trucks. Cette année, après avoir refait déjà « de nouveaux plans de prévision chaque semaine », le groupe se refuse à donner des objectifs. Mais il précise « qu'il recoure à des mesures structurelles pour éviter de se retrouver avec trop de stock. » Des mesures de chômage partiel toucheront pour la première fois des salariés des services administratifs sur de courtes périodes dans les prochains mois, en plus des salariés des usines, le groupe souhaitant éviter de recourir à des licenciements.

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