20/11/2008 | Économie

Chômage partiel face au ralentissement Accès libre

Le constructeur Renault Trucks envisage de recourir au chômage partiel pendant 90 jours en 2009. Deux semaines sont déjà programmées, en janvier et février prochains. Les syndicats, qui ont appelé à débrayer, suggèrent de recourir à des formations plutôt qu'à des fermetures.

Après l'automobile, c'est au tour du camion. Les chaînes de montage des usines françaises de Renault Trucks vont tourner au ralenti au cours des prochains mois, pour faire face au ralentissement des commandes. « Si la situation reste comparable à aujourd'hui, il faudrait envisager 90 jours de chômage partiel sur l'année prochaine. D'ores et déjà, il y aura une semaine de ralentissement en janvier, suivie d'une autre en février, en espérant que la situation s'améliore entre-temps pour ne pas recourir à des semaines de chômage partiel supplémentaires », explique-t-on à la communication de Renault Trucks.

Pas de plan social pour être au rdv de la reprise

La mesure a été annoncée mercredi lors d'un comité central d'entreprise extraordinaire au siège de Vénissieux. Elle s'appliquera à environ 4.600 employés (sur 10.400 en France) des usines de Vénissieux/Saint Priest (moteurs, emboutissage de cabines), Bourg-en-Bresse (camions de plus de 16 tonnes) et Blainville, dans le Calvados (cabines), détaille Le Progrès. Les salariés seront payés au moins 61% de leur salaire net lors des jours de « repos » forcé, qui se prendront les jeudis et vendredis de chaque semaine. Selon Bernard Lancelot, directeur de communication de Renault Trucks, le constructeur fera un point entre décembre et janvier et décidera ou non d'étendre cette mesure en fonction de l'évolution du carnet de commandes. « Notre but est vraiment de préserver l'emploi et nos chances d'être au rendez-vous de la reprise du marché, prévue en 2010. Nous n'avons pas l'intention de faire un plan social », a-t-il expliqué. La filiale de Volvo n'a donc aucune intention de recourir au licenciement, solution adoptée par sa cousine Volvo Trucks en Suède et en Belgique, pour environ 2.000 salariés.

                      (photo : Chaîne de montage cabine sur le site de Blainville)

Les clients annulent les commandes

Renault Trucks fabrique actuellement entre 230 et 240 camions par jour, contre 310 avant l'été. La production devrait baisser jusqu'à 220 camions par jour en fin d'année. « Nous subissons les conséquences de la crise financière. Des clients cessent de passer commande. D'autres annulent les leurs, parce qu'ils pensent ne pas pouvoir les payer », analyse Bernard Lancelot. La direction explique que la demande globale de PL a accusé une baisse de 55% entre septembre 2007 et septembre 2008 et indique se situer « dans ces eaux-là ».

Débrayages et négociations

Des salariés de l'usine Renault Trucks de Blainville, près de Caen, ont débrayé mercredi pour protester contre ces mesures. Selon Philippe Poisson, le secrétaire général de la CGT chez Renault Trucks à Blainville-sur-Orne, commune qui jouxte Caen, environ 500 des 1.400 salariés qui devaient travailler mercredi matin ont débrayé pendant une heure, et un autre débrayage est prévu en début d'après-midi. « L'entreprise n'est pas du tout en crise. Les conditions de travail vont se dégrader car on va devoir produire sur des semaines de trois jours », a déclaré M. Poisson. Le syndicat proteste également contre « le renvoi de 2.000 intérimaires par Renault Trucks au niveau national, dont 800 à Blainville ». « Cela signifie que des salariés âgés vont devoir prendre des postes plus pénibles », a estimé le syndicaliste. La CGT a suggéré à la direction de recourir aux journées de formation de ses salariés ou à des travaux d'entretien, plutôt qu'au chômage partiel. La direction pourrait se montrer réceptive à ces propositions. Une rencontre a lieu en ce moment même entre la direction et les six syndicats maison.

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